German Mashall Fund (GMF)

Interview with Craig Kennedy, Président du German Mashall Fund (GMF), Etats-Unis.

Un an après le début de la crise financière, comment percevez vous les situations respectives des fondations américaines et européennes ?
Les fondations américaines se sont moins bien sorties de cette crise, principalement parce qu'elles avaient une gestion d'actifs beaucoup plus risquée qui les a rendu très vulnérables. Egalement parce qu'elles sont légalement tenues de distribuer au moins 5% de leurs actifs chaque année, quelle que soit la situation, et que, dans les périodes difficiles, on attend bien plus d'elles en termes de réponse à la crise, au travers de différents services sociaux…


Quelles leçons les fondations américaines et européennes pourraient-elles apprendre les unes des autres ?
Les fondations américaines sont habituées à modeler les politiques publiques en soutenant des initiatives qui peuvent avoir un impact sur l'action du gouvernement, avec un niveau d'engagement qui n'est pas si fréquent en Europe… Peut être que les fondations européennes pourraient s'intéresser à cela. En ce qui concerne les fondations américaines, elles pourraient très certainement apprendre du mode de gestion plus prudent des fondations européennes !


Quelles perspectives voyez-vous pour ces fondations ?
L'année à venir sera encore plus difficile. Nous sommes conscients que nous n'allons pas revenir à des taux d'intérêt de 10% par an et notre vision se tourne vers le long terme. La crise a aussi été une leçon d'humilité pour les fondations américaines : nous avons réalisé à quel point nos ressources sont limitées comparé à ce que le gouvernement peut mobiliser. Cela dit, je crois que si les fondations font preuve de créativité, qu'elles repensent leur fonctionnement et leur rôle, elles ont encore de belles opportunités à saisir.